Le constat

« Une société qui n’enseigne pas est une société qui ne s’aime pas ; qui ne s’estime pas », écrivait Charles Péguy. Ces mots d’une surprenante modernité semblent vouloir décrire sans concession la situation actuelle de l’école. L’École est le lieu essentiel, privilégié de la transmission du savoir, de l’élaboration du sentiment d’appartenance à la Nation, la clé de la cohésion nationale, le moyen pour chaque élève de se construire, de s’approprier la culture nationale, de s’élever socialement et de s’accomplir pleinement.

Or, depuis près d’un demi-siècle, l’école vit un véritable naufrage, accentué par les ministres qui ont abandonné le pouvoir aux pédagogistes et ont placé, dans une vision de court terme, l’épanouissement immédiat de « l’enfant-roi » et l’égalitarisme au centre du système, au détriment de l’apprentissage des connaissances, du mérite et de l’élévation sociale. À cet abandon de l’exigence se sont greffées des réformes allant à l’encontre du souhait légitime d’une excellence pour tous et suivant une idée maîtresse : unifier les politiques éducatives sous la bannière des « compétences », de façon à éliminer des « savoirs » trop pointus et parfois trop nationaux pour s’accorder aux nécessités du marché.

Sur cette base, la rue de Grenelle a d’abord réformé le lycée, puis le collège et le primaire, en allégeant encore les programmes et les horaires, en dissolvant les disciplines dans la tarte à la crème de « l’interdisciplinarité ».

Les enfants des familles populaires pâtissent le plus de cette déréliction. Ils représentaient 20 % des élèves des grandes écoles en 1965, contre 9 % en moyenne aujourd’hui. Quant aux classes moyennes, elles se tournent, lorsqu’elles le peuvent, vers le privé…

L’enjeu est capital parce qu’il touche à l’avenir de nos enfants et de la Nation, comme à la stabilité de la société. Aucun gouvernement, par peur de heurter les syndicats ou par peur de la rue, n’a osé s’attaquer véritablement aux causes de l’échec. Il ne s’agit pas des enseignants, mais d’une minorité agissante et de l’administration de la rue de Grenelle et de Bercy qui tiennent en otage le corps professoral et imposent leur loi à la majorité silencieuse.

Forts de ces constats, nous n’avons qu’un objectif : rendre à l’instruction publique sa splendeur.

Pour y réussir, il faudra agir en faveur :

  • du rétablissement de l’autorité;
  • de l’apprentissage des savoirs;
  • de la formation des professeurs ;
  • du retour au mérite;
  • de la seconde chance.

Nos 60 mesures

 LE RÉTABLISSEMENT DE L’AUTORITÉ

 La sanctuarisation des établissements et tolérance zéro

  1. Uniforme obligatoire, niveau de langage minimum et vouvoiement.
  2. Sanction des professeurs ne respectant pas leur devoir de réserve.
  3. Exclusion des élèves harceleurs.
  4. Interdiction du port de signes religieux démonstratifs pour tous.
  5. Suppression du programme EVARS.
  6. Allocation de rentrée scolaire sous forme de bons d’achat réservés exclusivement aux fournitures scolaires
  7. Interdiction de l’usage des objets connectés dans l’enceinte des établissements.
  8. Création d’un corps d’inspection spécialisé dans la lutte contre la délinquance scolaire, chargé des conseils de discipline spéciaux.
  9. Création d’établissements dits « d’apaisement civique » et mise à l’écart des élèves problématiques dans ces établissements, par l’intermédiaire d’un conseil de discipline spécial, à l’initiative des parents ou du corps professoral.
  10. Conditionnement du versement des allocations familiales à l’assiduité scolaire.
  11. Évaluer les académies selon trois critères : la sécurité et le bien-être, les performances scolaires et la gestion administrative.

L’APPRENTISSAGE DES SAVOIRS

Le primaire

  1. Augmenter de 30 % les heures consacrées au français et aux mathématiques.
  2. Revenir à la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture.
  3. Repérer les élèves en difficulté en maternelle et au CP et leur permettre un accompagnement personnalisé.
  4. Recruter davantage de professeurs des écoles issus de formations scientifiques.
  5. Organiser, à la sortie du primaire, un examen sur le modèle du certificat d’études, dont les résultats conditionneront l’entrée au collège.

Le collège

  1. Organiser des classes de niveau tout en garantissant leur porosité.
  2. Supprimer les enseignements pluridisciplinaires (EPI).
  3. Former les élèves au numérique sans empiéter sur l’enseignement des savoirs fondamentaux.
  4. Sensibiliser davantage les élèves de collège aux filières d’apprentissage, technologiques et professionnelles.
  5. Réserver l’accès au lycée à l’obtention du brevet.

Le lycée

  1. Revenir aux filières générales précédentes (S, ES, L).
  2. Enseigner les mathématiques et le français dans toutes les filières, de façon adaptée.
  3. Accroître les moyens des lycées professionnels, qui sont aujourd’hui largement fonctionnels, performants et sources d’emploi.
  4. Revaloriser les filières technologiques en empêchant d’en faire des « voies de garage » pour les élèves perturbateurs ou en difficulté.

Les programmes scolaires

  1. Fournir des programmes nationaux précis sur les thématiques à aborder afin de prévenir l’entrisme idéologique (notamment en histoire-géographie, SES, littérature et langues).
  2. Revenir à l’enseignement des humanités (grec, latin).
  3. Recentrer l’enseignement de l’histoire sur l’histoire de France.
  4. Fixer un minimum d’œuvres classiques de la littérature française à traiter lors de la scolarité des élèves.
  5. Supprimer les enseignements des langues d’origine (EILE).

L’accompagnement scolaire

  1. Revenir à la pratique du redoublement lorsque ni l’accompagnement personnalisé ni la différenciation n’ont permis de résorber les lacunes de l’élève.
  2. Proposer des classes « préparatoires » entre chaque cycle d’enseignement à destination des élèves trop fragiles pour aborder sereinement le cycle suivant, mais suffisamment préparés pour ne pas nécessiter de redoublement.
  3. Mettre en place des internats spécialisés à destination des élèves de très bon niveau, mais également des élèves méritants dont l’environnement est peu propice à l’étude.
  4. Remettre les bourses au mérite à partir du lycée.

LA FORMATION DES PROFESSEURS

La formation

  1. Revenir sur la réforme du concours du CAPES qui allège aujourd’hui les exigences disciplinaires au profit de « connaissances pédagogiques ».
  2. Former les professeurs à la gestion de classe.
  3. Revoir les enseignements des masters M2E (anciennement MEEF), aujourd’hui foyers du « pédagogisme », et conditionner leur accès à la réussite du CAPES.
  4. Recréer les écoles normales d’instituteurs et calquer leur fonctionnement sur celui des masters M2E réformés et dont l’accès se fera sur concours dès la licence.
  5. Augmenter de 15 % en 4 ans les salaires nets des professeurs.

La pédagogie

  1. Revenir à un enseignement explicite de transmission par le professeur et limiter les activités ludiques lorsqu’elles se substituent à l’apprentissage des savoirs.
  2. Réhabiliter l’effort de mémoire et l’écriture régulière : dictée, poésie, restitution organisée, copie et prise de notes adaptées à l’âge des élèves.
  3. Bannir l’écriture inclusive sous peine de sanctions disciplinaires.

LE RETOUR AU MÉRITE

La clarté dans l’évaluation

  1. Rétablir à tous les niveaux des notes chiffrées claires et explicites et faire apparaître dans le livret scolaire unique les compétences non acquises.
  2. Reprendre le système d’appréciations globales (avertissement, encouragements, félicitations).
  3. Instaurer le principe de souveraineté des conseils de classe (redoublement, choix d’orientation, etc.).

Le baccalauréat

  1. Diminuer significativement la part de contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat et faire la part belle aux épreuves écrites (copie anonyme).
  2. Assurer une notation exigeante des épreuves écrites et orales.
  3. Revaloriser la rémunération des corrections.
  4. Réformer le système Parcoursup afin de le rendre équitable et transparent.

UNE SECONDE CHANCE POUR TOUS

La réorientation des adultes

  1. Mettre en place un système de crédit (CPF) permettant l’accès à des établissements de formation pour adultes.
  2. Mettre en place une formation au tutorat à destination des professeurs, avec pour objectif d’accompagner personnellement les auditeurs de ces établissements dans leur réorientation
  3. Créer un service national pour l’emploi (SNE) pour les décrocheurs (réservé aux 18-25 ans sans diplôme) sur le modèle du service militaire adapté mis en place outre-mer.

L’inclusion

  1. Évaluer les élèves souffrant de handicap afin de discerner leurs réelles capacités à intégrer un cursus normal, adapté ou bien spécialisé.
  2. Revoir le nombre de classes ULIS au sein des établissements afin de pouvoir prodiguer une éducation adaptée aux élèves pouvant les intégrer.
  3. Mettre en place des établissements spécialisés et en assumer les coûts.

Adapter l’offre éducative à la demande

  1. Accepter les créations de classes demandées par les établissements privés pour répondre à la forte demande des familles.
  2. Soumettre ces établissements à des inspections régulières afin de garantir le bon respect de nos principes nationaux.
  3. Revoir l’affectation des enseignants pour éviter de placer systématiquement les débutants dans les établissements les plus difficiles, et y envoyer des enseignants expérimentés et volontaires pour épauler les équipes pendant une durée limitée, avec une prime importante.