Un gouvernement a le devoir de protéger son pays et ses habitants. Il ne viendrait à l’idée de personne de soutenir, mis à part de quelques rêveurs, que le pire n’est jamais possible ! Il existe toutefois un danger récurrent dont personne ne peut nier la récurrence, ce sont les feux de forêt.
Chaque année ou presque, quelque part en France des feux de forêt se déclarent, feux dont les conséquences sont souvent dramatiques, l’année 2026 entrera elle aussi dans les annales.
Point n’est besoin d’attendre les orages ou toute autre cause naturelle pour déclencher ces désastres, la bêtise humaine ou l’inconscience de certains s’en chargent. Des décisions, telles que l’interdiction du débroussaillage pour la protection des espèces sont à mettre dans la balance avec la protection des biens et de la vie humaine, c’est une affaire de choix !
Ainsi, nous savons tous qu’un incendie doit être traité dès son départ. Les experts ont coutume de rappeler qu’un verre d’eau suffit pour stopper le départ d’un feu, qu’ensuite il faudra un seau, puis les pompiers, etc…, etc…
Pour ce qui est des feux de forêt, nous avons peu de moyens de contrôler les pyromanes, en revanche, la technologie actuelle des drones nous permet de surveiller H24 de très grandes surfaces, de jour comme de nuit. Ces appareils sont en mesure d’être programmés de manière à quadriller d’importantes surfaces quelle que soit la topographie des lieux. Une telle technologie mise au service de la surveillance permettrait l’intervention des moyens d’extinction bien avant que le feu ne devienne incontrôlable, cela entrainerait donc une économie des moyens. Equipés de caméras infrarouges, ces drones pourraient en plus faciliter le travail d’enquête de jour comme de nuit, sur les causes d’un départ de feu et détecter d’éventuels incendiaires.
La taille et la nature du terrain ne permettent pas toujours un accès facile aux moyens terrestres, c’est pourquoi la disponibilité de moyens aériens est précieuse. Sachant que les incendies de forêt sont plus fréquents aujourd’hui que par le passé, il convient d’être en mesure d’y faire face immédiatement. La France est dotée de moyens aériens hélas insuffisants et chaque année nos soldats du feu se voient souvent démunis dans les situations critiques.
La France dispose de 12 Canadair CL145, ces appareils sont très précieux car leur capacité et leur temps de rechargement est extrêmement rapide. Compte tenu des exigences imposées par la maintenance, seulement un nombre de 11 est en principe disponible. Après 30 ans de bons et loyaux services, 8 à 9 de ses appareils sont en réalité prêts à l’emploi. A supposer que nous disposions des ressources pour en acquérir de nouveaux, le constructeur canadien qui en avait stoppé la production, annonce des délais de livraison tels que nos forêts ont le temps de brûler par milliers d’hectares et des centaines d’habitations en danger d’être détruites. Nous savons donc que le danger existe et qu’un ou deux Canadair de plus ne seront jamais suffisants. Alors, que faire face à ce danger ?
Un pays qui fut capable de construire le magnifique A380, avion qui n’avait aucune chance de trouver son marché, ne serait pas en mesure de construire une machine comme le Canadair ? cela pose question. Les dépenses exorbitantes engagées sur un avion pour lequel une logistique monstrueuse a été mise en place, avion qui une fois construit et à peine mis en service, s’est vu envoyé à la ferraille ! Il y a de quoi s’interroger sur la capacité de nos dirigeants à faire les choix que la situation exige.
Comment un pays qui subit régulièrement les feux de forêt et qui se sait en pénurie de matériel ne réagit-t-il pas ?
La France sait construire des avions, elle a dans le passé construit l’un des plus grands hydravions du monde, le Latécoère 631 en service sur Air France jusqu’en 1955 ! Elle a su satisfaire le marché de l’aviation générale en construisant même sous licence de nombreux types d’avions. Reims Aviation fermée en 2014 aurait parfaitement pu construire le Canadair, comme elle a construit les Cessna. Aujourd’hui des sociétés telles que Daher héritière de Morane Saulnier a toutes les compétences pour construire un tel appareil à Tarbes ou ailleurs. Des projets existent, mais dans l’urgence, plutôt que d’attendre un nouvel hydravion pendant toutes les années nécessaires à sa conception, son développement et sa certification, la France a le temps de brûler. Il s’agit donc bien d’une guerre parfaitement prévisible, guerre à laquelle notre pays doit faire face chaque année. Il n’y a donc aucune excuse à notre mauvaise préparation.






