Fin de vie : le débat revient à l’Assemblée nationale en deuxième lecture.
Les deux textes sur les soins palliatifs et l’aide à mourir sont débattus au Palais-Bourbon avant un vote solennel le 24 janvier. Si le premier fait largement consensus, le deuxième crée plus de clivages.
Les défenseurs du texte, notamment la présidente du Palais-Bourbon, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), veulent croire à une adoption définitive d’ici à la présidentielle de 2027, voire avant l’été. E.Macron a souhaité une année 2026 « utile » ; ce ne sera pas dans le redressement économique et moral de la France en faillite, mais bien avec cette loi mortifère.
Beaucoup de choses ont été dites sur le sujet et je salue ici le courage de tous ceux qui se sont exprimés pour défendre la vie, avec convictions et justesse. « Il est facile de se tenir avec la foule. Il faut du courage pour rester seul. » Gandhi
https://x.com/AllegretPilot/status/2024422852548591691
https://www.youtube.com/live/AYjCril4JVg Eric Mercier Eric Loridan Amine Umlil
L’impossible fait justificatif: Amine Umlil
https://x.com/Le_Figaro/status/2024020045597118962 : très belle intervention de Michel Houellebecq qui estime que cette loi est plutôt une régression qu’un progrès.
A l’heure où je rédige ce texte, nous ne savons pas la décision de l’Assemblée, mais étant donnée la vitesse avec laquelle tous les amendements sont rejetés, nous pouvons craindre une bascule civilisationnelle dont peu ont conscience. Remarquons d’ailleurs que cela clive encore la société en deux : ceux qui sont favorables à cette loi et qui seraient humains, et ceux qui s’y opposent et seraient inhumains.
Ce qui me frappe dans ces débats, c’est la sémantique ; beaucoup de mots sont utilisés pour dire des choses différentes et même contraires et avec la même conviction. Or, les mots ont un sens.
En particulier celui de Dignité ; quand on tape « mourir dans la dignité » sur Google, on a tout de suite le Numéro national de prévention du suicide pour avoir une aide… à ne pas mourir. Ce qui va devenir un délit d’entrave, et tout ce travail et cet argent mis- à juste titre- dans la prévention du suicide n’aura plus lieu d’être.
En psychologie, la dignité est décrite comme « la valeur inhérente et inaliénable de tous les êtres humains » : elle ne dépend donc pas de l’état de santé ou d’autonomie et est présente jusqu’au bout.
Selon le philosophe allemand Emmanuel Kant, la dignité est « le fait que la personne ne doit jamais être traitée seulement comme un moyen, mais toujours aussi comme une fin en soi ».
Respecter la dignité d’un patient, c’est reconnaître sa singularité, le soigner avec considération et dévouement, lui apporter le soutien psychologique qui lui est nécessaire ; c’est aussi savoir l’accompagner au terme de sa vie. La vie est toujours digne.
Respecte-t-on la dignité quand on donne la mort ? Quand on nomme cet acte létal un soin ? Quand on fait faire à un médecin ce qui est contraire à son serment ? Quand on n’a pas accès aux soins palliatifs ou même à une prise en charge de fauteuil roulant ? Quand on isole une personne âgée dans son EHPAD privée de visites ? Quand on parque des enfants dans les écoles, ou qu’on suspend un soignant sans aucune subsistance ?
https://x.com/FEDEPSAD/status/2023804637170598300
La loi du 9/6/1999 garantit le droit à l’accès aux soins palliatifs ; et n’est donc pas appliquée ; chaque département devait en être pourvu fin 2024 avait promis Mme Firmin le Bodo. Or le droit opposable qui devait rendre effectif l’accès aux soins palliatifs partout en France et ainsi éviter que les patients ne recourent à l’aide à mourir faute d’avoir pu disposer de ces soins, vient d’être refusé. Il existe donc un droit opposable à la mort, mais pas à la vie.
C’est la mort qui prime, alors que la loi qui prend soin des vivants n’est pas appliquée ; d’autant que le Plan Grand Age vient à nouveau d’être reporté. La présentation du plan grand âge était prévue le 12 février. Il est très attendu par les professionnels du secteur. Il doit permettre de répondre au défi du vieillissement de la population et de la perte d’autonomie. Il n’y en a sans doute plus besoin ?
Il en est de même pour d’autres mots utilisés :
Ainsi du mot Compassion qui donnerait droit à faire mourir alors qu’il s’agit d’aimer en portant la souffrance de l’autre, avec chaleur, présence, tendresse.
« Face à cette détresse, il y a un regard à porter, une main à tendre, une parole à entendre. C’est cela qu’attendent de nous ceux qui semblent n’attendre plus rien. C’est parce qu’il y a trop de rendez vous manqués entre les vivants que certains n’envisagent plus que le rendez vous avec la mort« . Michel Debout, psychiatre (in Le suicide un cri silencieux).
Le mot Aide qui se réduit à administrer une substance létale alors qu’il s’agit de soulager, d’entourer, le patient et sa famille ; un secours qui ne manque jamais dans la détresse. On aide à vivre, pas à mourir
Le mot Fraternité prononcé par E.Macron : « cette loi de fraternité » ; or la fraternité, c’est la solidarité entre les citoyens. C’est ce qui permet aux personnes de vivre ensemble avec harmonie et de former une société.
Le mot Liberté : Cette fausse « liberté » qui condamne ; l’ultime liberté serait celle de mourir ? Alors que la liberté d’accéder aux soins palliatifs n’existe pas.
Les députés adoptent, contre l’avis du gouvernement, des amendements permettant au patient de choisir entre auto-administration de la substance létale et assistance d’un soignant (71 pour, 70 contre) : Inquiétant libre choix
La perversion se loge même dans les conjonctions de coordination : Dans les conditions d’éligibilité, il faut « Etre atteint d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, OU en phase terminale » ! Beaucoup de Français sont ainsi éligibles ! D’ailleurs, on est tous à plus ou moins long terme éligibles.
« Il y a parfois pire que la mort » : Olivier Falorni rapporteur général de cette loi
Oui, en effet, quand cette mort est administrée par un semblable, ou par un médecin qui a fait serment de ne pas tuer,
Quand cette mort peut être la porte ouverte à tous les excès : prélèvements intempestifs d’organes , pénalisation du délit d’entrave pour ceux qui voudraient suivre leur conscience, élargissement à toutes les personnes dérangeantes , mort des soins palliatifs qui coûtent cher , prosélytisme déplacé alors que la loi n’est pas encore votée ( L’Hôpital de Guéret a déjà signé une convention avec l’ADMD pour des permanences à l’accueil de son Hôpital ce qui est très choquant ) https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/nouveau-claudine-est-a-votre-ecoute-pour-evoquer-la-fin-de-vie-au-centre-hospitalier-de-gueret_14831746/
Notre société va-t-elle franchir cette ligne rouge et se tourner délibérément vers la mort ?
Ne voit-on pas déjà qu’elle en prend le chemin quand on constate qu’il y a désormais plus de décès que de naissances en France. C’est un constat très inquiétant






