Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Dimanche 09 juil 2017

Macron En Marche arrière avec Philippe (non pas Edouard mais Louis !)

(Eric Stemmelen, délégué national à la sécurité)

Les dernières années que nous venons de vivre nous permettent de comprendre que l’Histoire de France ne se répète jamais quoique parfois elle ait tendance à bégayer.

Depuis l’élection du plus jeune Président de la République, la quasi totalité de la presse s’esbaudit devant le modernisme, le transgressisme bref la nouvelle image de la politique donnée depuis l’Elysée. Aux oubliettes donc les vieux partis politiques : le Parti Socialiste atomisé, Les Républicains laminés. Nous avons donc la France En Marche ni gauche ni droite en fait celle qui réussit et qui parle à ceux qui réussissent. Quant aux autres, la majorité quand même, on attendra de voir si quelqu’un s’en occupe vraiment.

Le nouveau Charles De Gaulle, le nouveau Messie 2.0 nous est arrivé pour se dresser, drapeau français à la main, devant ce Trump, Diable réincarné en Donald de chez Disney.

N’oublions pas l’avant présidentielle où le bon peuple était alerté par les bien pensants de l’arrivée imminente du Front National au pouvoir alors que tout observateur sérieux ne pensait pas que Marine le Pen ferait plus de 50% des voix et quand bien même il aurait fallu ensuite avoir la majorité à l’Assemblée Nationale. Et puis il y a eu cette conjonction des planètes qui se reproduit si rarement : le représentant du PS, le nommé Hamon qui n’a jamais compris qu’il fallait qu’il se désiste pour Mélenchon, le nommé Fillon qui n’a jamais compris que la manifestation du Trocadéro a scellé non seulement son échec mais celui de son parti. 

Et pourtant la situation politique actuelle n’est pas si nouvelle que cela. Si on veut bien se projeter deux siècles en arrière, on ne peut être que troublé par les similitudes  avec la première moitié du 19 ème siècle.

Bonaparte (1798 – 1804) et Sarkozy (2002-2007) :

Bonaparte était Premier consul, Nicolas Sarkozy Ministre de l’Intérieur. Tous deux impétueux et fougueux avaient pour ambition de changer la société. Le soutien populaire leur fut acquis dès le début, soutien à la mesure des promesses et des ambitieux projets.

Napoléon (1804-1815)  et Sarkozy (2007-2012) :

Bonaparte devient l’Empereur Napoléon et Sarkozy devient le Président de la République. Les débuts des deux furent brillants (Austerlitz en 1805, la crise financière en 2008) mais le pouvoir ayant tendance non seulement à isoler mais à rendre fou et le pouvoir absolu à rendre absolument fou, après quelques années de règne sans partage la réalité se fit jour : de défaites en défaites, l’échec fut flagrant que ce soit à Waterloo en 1815 ou aux élections de 2012. Mais une différence  subsiste entre ces deux hommes : l’un fut un véritable homme d’Etat dont le principal mérite fut la réorganisation administrative de la France et la rédaction des nombreux codes qui régissent encore la vie des français aujourd’hui. Le second n’aura que quelques lignes dans les livres d’histoire et restera comme celui qui abîma l’image présidentielle.

Il y a quand même une ressemblance, outre la taille, entre Napoléon et Sarkozy : le retour calamiteux aux affaires : les cent jours de napoléon au retour de l’île d’Elbe ressemblent furieusement à ceux de Sarkozy candidat aux primaires de la Droite : on connaît la suite…. 

 

Louis XVIII (1815 – 1824) et Hollande/Ayrault  (2012-2014) :

L’échec de Napoléon eut pour conséquence l’arrivée de Louis XVIII et la Restauration de l’Ancien Régime. L’échec de Sarkozy amena l’arrivée de Hollande élu à cause du rejet de Sarkozy et non par adhésion du peuple. Louis XVIII s’empressa  de restaurer le drapeau blanc et d’octroyer la charte constitutionnelle de 1814. L’auto-proclamé Président normal François Hollande tout en compromis et dépassé par l’ampleur de la fonction et de la tâche présidentielle  n’eut de cesse que de naviguer dans le compromis en ne faisant que diviser les français à commencer par ses propres partisans.

Charles X (1824 – 1830) et Hollande/Valls (2014 – 2017) :

Comme une Restauration ne suffit pas il en fallait une seconde : nous avons donc eu Charles X, sec et nerveux qui remplaça son pauvre frère Louis XVIII indolent et impotent. De même le chaleureux incapable Ayrault digne successeur de Mauroy fut remplacé par l’ambitieux Valls, sec et nerveux, adepte des coups de menton et des provocations qui n’eut de cesse de pousser Hollande vers la sortie pour prendre sa place le croyait-il. Heureusement pour lui que la propre famille de Hollande, la vraie, pas celle de son parti, lui fit fait prendre conscience du désastre annoncé. Avec lucidité, Hollande abdiqua donc le 1er décembre 2016 en ne se représentant pas. Son quinquennat se termina dans les manifestations contre la loi travail dite El Khomri et la lutte des prétendants au trône dans des primaires qui n’eurent comme résultat à droite comme à gauche qu’à promouvoir les candidats les plus à gauche Hamon et à droite Fillon et donc à aller droit dans le mur de la défaite quoique en 2017 ce furent des défaites moins sanglantes que celles des Bourbons qui sombrèrent avec les Trois Glorieuses des 27,28 et 29 juillet 1830.

Louis Philippe (1830 – 1848) et Macron (2017 - ?) :

La Monarchie de Juillet commença sous de bons auspices : le fils d’un régicide, un Orléans, devient Roi des Français et reconnaît le drapeau tricolore comme emblème de la Nation. Il s’entoure de révolutionnaires modérés comme La Fayette, de libéraux comme Guizot, de banquiers (déjà !) comme Lafite avec deux objectifs : rejeter l’extrême gauche révolutionnaire et l’extrême droite légitimiste. Le règne de Louis Philippe voit l’expansion économique se développer en France, le suffrage censitaire est mis en place pour contrer les classes laborieuses, ces classes si dangereuses chères à Alfred Sauvy ! Les libéraux et les bobos de l’époque sont au pouvoir mais pas pour très longtemps.

Emmanuel Macron, homme de gauche mais pas socialiste voire homme de droite mais sans le dire tout en le disant, bref ni de gauche ni de droite mais en marche n’eut  même pas  besoin d’imiter Brutus puisque Hollande son mentor, celui a qui il devait tout selon la formule bien connue, se suicida lui même  ou se sauva (au choix !) en  ne se représentant pas.

Ce jeune Président beaucoup plus redoutable que bien des soi disants connaisseurs de la vie politique n’avaient pas vu venir se fraie un chemin vers le pouvoir suprême avec le concours des médias fascinés et bien instrumentalisés, avec une coalition de centristes de droite et de bobos de gauche et prétend avec succès se passer des partis politiques pour s’appuyer sur la société civile en pratique une société de cadres supérieurs pas très représentative du peuple de France. Ah ces classes populaires dont se méfiait Louis Philippe ! Et dans les cabinets ministériels nous assistons au retour mais ils ne sont jamais réellement partis des technocrates et de l’entre soi en fonction de l’adage bien connu : qui se  ressemble s’assemble.

Mais la Roche Tarpéienne est toujours proche du Capitole et plus on monte haut plus on descend de haut. La Monarchie de Juillet accueillie dans l’enthousiasme se termina 18 ans après par une nouvelle révolution celle de 1848 et l’élection de Louis Napoléon Bonaparte  qui passera vite du statut de Président de la République à celui d’Empereur sous le nom de Napoléon III.

Encore heureux que le Premier Ministre choisi par Emmanuel Macron porte le prénom d’Edouard et non de Louis ! Mais une chose est certaine : l’alternance aura lieu avant 18 ans !