Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Jeudi 03 sep 2020

Emmanuel Macron ne cherche pas à relancer l’économie française mais à se faire réélire

Alors que l’Allemagne a lancé son plan de relance le 3 juin, Jean Castex a gâché trois précieux mois alors que l’économie française est la plus durement frappée par la crise, avec plus de 11% de récession et jusqu’à 900 000 emplois détruits.

Pire encore, l’été n’a pas été mis à profit pour monter un plan capable de relancer rapidement et durablement l’économie française. Son montant est trop faible et ses mesures sont trop éparpillées, conduisant à saupoudrer l’argent public au lieu de concentrer les efforts sur un choc de production nationale.

Ce plan est sur deux années, soit 50 milliards d’euros par an. C’est bien peu quand on sait que le seul confinement a détruit 120 milliards d’euros de richesse nationale. Jean Castex prétend que son plan de relance est supérieur à celui de l’Allemagne quand on le ramène au PIB de chacun des pays… Or, l’Allemagne avait lancé auparavant des mesures que la France prend seulement maintenant. Par exemple, le gouvernement va consacrer 3 milliards d’euros pour consolider les fonds propres des entreprises contre… les 200 milliards d’euros mis sur la table par l’Allemagne au printemps !

Au-delà de cette mauvaise foi, Jean Castex feint d’oublier que la France va connaître une récession presque deux fois plus graves que l’Allemagne en 2020 (-11% contre 5.8%)… Le plan de relance du gouvernement est donc complétement dépassé par la réalité de la crise, Jean Castex faisant semblant d’être à la hauteur de l’Allemagne alors qu’il conduit la France au plus grave décrochage économique depuis 1945. Il le sait d’ailleurs très bien puisqu’il vise la création de seulement 200 000 emplois quand 900 000 ont été détruits.

Comme DLF le craignait depuis maintenant six mois, Emmanuel Macron et son gouvernement sont incapables de prendre à bras le corps la création de richesse nationale et d’emplois durables en France. Afin de faire de la communication politique sur tous les sujets, les mesures sont complétement éparpillées et ne se concentrent pas sur un objectif clair : à force de vouloir financer un petit peu tout, le gouvernement ne réussira rien !

A titre d’exemple, le plan hydrogène, proposé par DLF depuis 2014, prévoit 2 milliards d’euros quand l’Allemagne a déjà mis 7 milliards ! Le gouvernement promet aussi 200 millions par an pour le secteur nucléaire ou 500 millions pour aider à l’investissement industriel, des sommes dérisoires qui au final ne feront que du saupoudrage.

Au contraire, Debout la France propose de concentrer les efforts sur le sauvetage des entreprises existantes ainsi qu’une vraie relocalisation de l’industrie et la création d’emplois durables en France.

Ainsi, DLF demande à nouveau au gouvernement d’annuler les charges et impôts des milliers de PME et d’indépendants qui ne savent pas comment survivre à cette crise ! A quoi bon dépenser des milliards dans l’avenir si notre tissu économique d’aujourd’hui disparait ? Ces annulations sont d’autant plus urgentes que beaucoup de chefs d’entreprise ne bénéficient pas d’une réelle reprise. Ils ne pourront jamais honorer ces charges ni même rembourser les Prêts Garantis par l’Etat. A terme, si des milliers d’entreprises meurent, la facture sera bien plus terrible que le coût d’une annulation des charges, sans parler de l’injustice pour tous ceux qui sont frappés par cette crise malgré leur travail et leurs efforts pour créer leur entreprise.

Ensuite, il est évident que les « impôts de production » empêchent nos entrepreneurs de se battre à égalité avec leurs concurrents internationaux. Le gouvernement va les réduire progressivement de 10 milliards d’euros par an. C’est encore trop lent et trop peu. C’est aujourd’hui et maintenant que les entreprises vont prendre leur décision de relocaliser leur production d’autant plus que les Etats vont se livrer à une concurrence féroce pour attirer les entreprises pour relancer leur économie.

Il aurait donc fallu les supprimer immédiatement, par exemple en compensant avec une taxe carbone aux frontières ce qui aurait créé un cercle vertueux de relocalisation : produire en France devenait moins cher et importer devenait plus cher !

Il faut aussi un vrai fonds de relocalisation industrielle comme au Japon, avec plus de 2 milliards d’euros par an pour ramener les secteurs les plus vitaux comme les médicaments. A terme, ce fonds rapporterait plus qu’il ne coûterait, chaque usine produisant rapidement de la valeur ajoutée, des emplois et des recettes fiscales.

Par ailleurs, ce plan montre que le gouvernement n’a en réalité pas changé de philosophie sur la mondialisation et la valorisation du « fabriqué en France ».

Au-delà des dépenses budgétaires, il n’y a aucune mesure légale ou politique pour rompre avec le modèle qui nous a conduits dans le mur. Le gouvernement est sourd et aveugle sur les traités de libre-échange déloyaux qui favorisent l’exploitation humaine et la destruction de l’environnement.

Aucune mesure ne vient protéger les emplois des Français, en particulier contre le travail détaché. DLF a toujours proposé un vaste plan d’isolation des logements. Encore faut-il assurer la formation de dizaines de milliers de Françaises et de Français pour occuper ces postes et interdire définitivement le travail détaché. Faute de quoi, nos impôts vont financer la relance de l’emploi en Pologne !

Alors qu’il existe un large consensus public, le gouvernement refuse également de conditionner ses aides au maintien et à la création d’emplois de la part des multinationales françaises. Il est évident que la fragilité des PME et des indépendants ne leur permet pas de s’engager. En revanche, les multinationales ont l’envergure suffisante de s’engager pour l’emploi en France quand on leur verse plusieurs milliards d’euros ! Les contribuables ne veulent pas financer des usines en Slovaquie ou en Roumanie.

Force est de constater également que le gouvernement manque cruellement d’imagination. Il ne cesse de déplorer l’épargne des Français qui ont juste fait preuve de bon sens en économisant face à un avenir incertain. Au lieu de chercher à dépenser nos économies, le gouvernement pourrait valoriser ces 100 milliards d’euros en proposant à nos compatriotes que cette épargne populaire soit investie dans nos entreprises à un taux de 1.5 à 2%.

Enfin, Jean Castex ment à nouveau sur le plan de relance européen en prétendant que ce montage abracadabrantesque ne pèsera pas sur la dette française ! Les chiffres sont têtus et incontestables : la France va recevoir 40 milliards d’euros de prêts européens et devra en rembourser au moins 80 milliards. A court terme, cette manœuvre scandaleuse sert le gouvernement mais au final, ce sont bien les contribuables français qui finiront par payer une facture très lourde.

Un tel manque d’honnêteté intellectuelle est insupportable à la tête de l’Etat. Il n’y a pas besoin de chercher ailleurs la raison de l’effondrement économique de la France. Emmanuel Macron et son gouvernement n’affrontent pas l’adversité avec transparence et recherche de l’intérêt général, ils ne font que de la politique politicienne et de la communication en vue de se faire réélire à tout prix.

 

Nicolas Dupont-Aignan, Député de l'Essonne, Président de Debout La France.