Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Dimanche 30 aoû 2015

Jamet le dimanche ! - Attention Ecole !

Chronique de Dominique Jamet

Jamet le dimanche !

Dimanche 30 août

Dominique Jamet, vice-président de Debout la France depuis 2012 mais également journaliste depuis... toujours tient chaque semaine sur le site de Debout la France une chronique où il commente très librement l'actualité politique.

 

Attention Ecole !

 

Cinq enseignants, qui ne sont pas seulement des professeurs professionnels mais des spécialistes de l’enseignement, notre ami et délégué national Jean-Paul Brighelli, Marc Le Bris, Charles Coutel, Jean-Paul Mongin et Jean-Louis Charlet sont tour à tour intervenus hier matin à l’Université de rentrée de Debout la France pour dire leur inquiétude devant la dégradation de l’école et leurs propositions pour sa refondation. Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan, qui leur ont succédé, ont dénoncé le délitement de la République, la déliquescence de l’Etat, l’efffacement de la France, constaté leur convergence sur les sujets essentiels et lancé un appel au rassemblement de tous les républicains de bonne volonté, qu’ils viennent de la gauche, de la droite… ou d’ailleurs. Pendant trois heures, ce samedi matin, il n’a pas été question de politique, mais de salut public, du court terme, mais de l’avenir, de boutique mais de grandeur, de cuisine électorale mais de la France.

Les quelque huit cents cadres, militants et sympathisants, venus de toute la France s’asseoir sur les bancs studieux de cette Université d’un week-end en sont repartis regonflés, revivigorés, revivifiés comme on peut l’être après un séjour en altitude. Ils avaient pris de la hauteur.

Deux millions d’enfants et d’adolescents (soit 17% du total des élèves) entameront ou poursuivront leurs études cette année dans un établissement privé. Comment ne pas comprendre, sur le plan individuel, des parents qui veulent que leurs enfants puissent bénéficier dans l’ordre et la sérénité d’un enseignement de qualité qui assure le suivi des élèves, des études et la transmission du savoir. Il n’est du reste un secret pour personne que les hiérarques de la gauche ne sont pas les derniers à faire ce choix pour leur progéniture. Mais comment ne pas voir en creux dans cet engouement sans précédent pour le privé la sanction des dérives et des faillites de l’école de la République et dans ce développement d’un système scolaire à deux vitesses qui laisse se creuser et s’élargir le fossé entre les classes sociales un désastre collectif pour l’école, la société et la République ?

On apprend à l’occasion de cette rentrée la floraison récente d’établissements scolaires de confession musulmane. Là encore, sur le plan individuel, c’est le choix de parents qui ne font plus confiance à l’école publique et l’on ne voit pas, dans une démocratie, au  nom de quels principes on refuserait à une religion ce qui est permis à d’autres. Il n’empêche que ce développement nouveau, lourd de menaces dans le contexte actuel, est sur le plan collectif une défaite de l’école publique, et un nouveau pas vers le communautarisme, ce morcellement mortifère de la République, « une et indivisible ».

Le crime intellectuel de Pierre Bourdieu, fils d’un facteur devenu cadre supérieur du service postal, lui-même normalien, agrégé, professeur au Collège de France et contre-exemple vivant de ses propres théories : avoir prétendu que l’école était le lieu de la reproduction des inégalités, alors qu’exactement à l’inverse l’école est le creuset où le plomb peut se transformer en or et où tous se voient offrir une chance de monter les barreaux de l’échelle sociale qu’ils ne trouveront pas ailleurs.

L’imbécillité néfaste de ceux qui s’en prennent à l’enseignement de l’histoire, des langues anciennes, de l’orthographe, de la grammaire, de la littérature, autant de luxes bourgeois, de disciplines pour privilégiés dont il importe de priver les futures élites pour qu’elle ne bénéficient pas d’avantages indus, et dont il n’est pas nécessaire de farcir la tête des élèves issus des classes « défavorisées » qui n’en ont nul besoin. Où et à quel âge accèdera-t-on à la culture, à la réflexion, à la beauté, à l’art, et à tout ce bagage inutile qui est tout simplement celui de l’humanité si ce n’est à l’école ?

 

Dominique Jamet

Vice-Président de Debout la France