Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Jeudi 07 mai 2020

Plan de déconfinement et état d’urgence sanitaire : le Gouvernement est irresponsable !

Pendant que le projet de loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire était débattu à l’Assemblée nationale, le Gouvernement a présenté les détails de son plan de déconfinement qui débutera le 11 mai. Si la volonté de déconfinement est une excellente nouvelle pour l’ensemble de nos compatriotes, je regrette que les annonces de l’exécutif comportent encore trop d’incohérences et de mesures dangereuses. Parce que ce Gouvernement a perdu toute crédibilité dans sa lutte contre l’épidémie et que le projet de loi contient des dispositions aberrantes, je voterai contre la prolongation de l’état d’urgence sanitaire.

Alors que le Premier Ministre exclut l’ouverture des parcs, jardins et collèges dans les départements classés rouges, il a annoncé que les écoles primaires rouvriraient à partir du 11 mai. Cette décision est particulièrement dangereuse dans les 32 départements (notamment en Ile-de-France, Grand Est, Hauts-de-France et Bourgogne-Franche-Comté) où le virus circule activement et les services de réanimation sont au bord de la saturation. Avec Debout La France, nous proposons un report en septembre de la réouverture des écoles qui constituent de véritables bouillons de culture !

De plus, nous demandons instamment que le Gouvernement renonce à sa décision irresponsable de réduire le nombre de lits de réanimation pour retrouver le niveau d’avant crise. En effet, notre pays doit tirer les leçons de la crise que nous venons de traverser : alors que nous disposions en 2017-2018 de seulement 309 lits de soins aigus (intensifs et réanimation) pour 100.000 habitants, nous devons accroître notre capacité d’accueil pour atteindre le niveau de pays qui ont réussi à faire face à l’épidémie comme l’Allemagne (602 pour 100.000 habitants), la Corée (714) ou encore le Japon (779). A cet effet, nous demandons au Gouvernement d’augmenter durablement le nombre actuel de lits capables de faire de la réanimation, et de rouvrir des hôpitaux fermés en France parmi lesquels le Val-de-Grâce. La France doit anticiper pour assurer une capacité de réanimation suffisante en cas de deuxième vague épidémique : aucun citoyen ne doit être privé d’hospitalisation. Par la même occasion, nous regrettons que le Gouvernement n’ait pas mis en place un plan industriel de relocalisation des médicaments vitaux pour assurer notre indépendance sanitaire dans les plus brefs délais.

Ensuite, si je me réjouis du déconfinement progressif des Français et des commerces, les mesures du Gouvernement restent insuffisantes pour assurer la sécurité de la population, et par conséquent dangereuses. En effet, nous proposons avec Debout La France d’étendre le port obligatoire du masque non seulement dans les transports, mais en plus dans l’espace public et notamment dans les commerces. A ce titre, nous proposons que l’Etat distribue gratuitement un lot vital minimal de masques par foyer pour garantir un égal accès à tous les Français. Nous demandons également que les soignants et les personnes vulnérables, de par leur âge ou leurs pathologies, soient dotés de masques FFP2 qui les protègent d’une contamination par une tierce personne. De même, l’exécutif doit apporter des garanties sur le nombre de tests qui seront réalisés à partir du 11 mai, puisque le Canard Enchainé a révélé que seuls 285.000 tests pourraient être effectués contre 700.000 promis par l’exécutif ! Qu’en est-il vraiment ?

Par ailleurs, il est absurde que les Français voient leurs déplacements limités alors que les personnes venant de l’étranger ne soient pas toutes soumises, notamment celles venant de l’Union européenne, à un dépistage et un isolement obligatoires lors de l’entrée sur le territoire national. D’autant que l’Europe est le continent qui compte le plus de cas et de victimes dans le monde ! Après avoir confiné les Français durant deux mois, comment le Gouvernement peut-il refuser de confiner le pays pour éviter d’importer de nouveaux cas ? Avec Debout La France, nous proposons un contrôle sanitaire aux frontières et une quatorzaine obligatoire pour toute entrée sur le sol français.           

Enfin, je refuse de signer un chèque en blanc jusqu’au 10 juillet au Gouvernement, tant pour son bilan que pour sa volonté d’y échapper. En effet, l’exécutif est responsable du fiasco que traverse la France depuis plusieurs mois par son manque d’anticipation, et ce malgré nos alertes, et n’a pas hésité un seul instant à mentir délibérément à plusieurs reprises (masques, tests, etc.) pour chercher à dissimuler son incompétence. Au regard du bilan du Gouvernement, il m’apparait irresponsable de lui accorder plus longtemps des pouvoirs exorbitants. De plus, au prétexte de protéger à juste titre les élus locaux dans l’exécution des décisions du Gouvernement, les députés En Marche en profitent pour organiser une auto-amnistie préventive en faveur de l’exécutif en cas de futurs procès. Face à un tel scandale, j’ai déposé un amendement visant à garantir la protection des élus locaux contraints à appliquer les ordres du Gouvernement dans le cadre du déconfinement, et un second amendement pour supprimer les dispositions exonérant l’exécutif de sa responsabilité pénale. J’ai aussi proposé un amendement pour assurer un contrôle de l’action du Gouvernement face au Covid19 grâce à la mise en place d’un Comité transpartisan composé des principales forces politiques de France.

Le 11 mai 2020 s’amorce la sortie d’un confinement inédit dans notre pays. Nous avons une pensée pour nos compatriotes de Mayotte où l’épidémie continue à circuler très gravement et attendons du Gouvernement une vigilance et une action toute particulière pour ses habitants. Debout La France réaffirme qu’il vaut mieux un excès de prudence plutôt que la légèreté et les mensonges auxquels le Gouvernement nous a hélas habitués. Ainsi, nous alertons sur les risques de sa politique irresponsable et proposons des mesures de bon sens afin que les Français puissent renouer avec leur vie normale en toute sécurité.

Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La France, Député de l’Essonne.