Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Vendredi 23 oct 2020

Les câbles sous-marins autre enjeu de souveraineté numérique que le ciel pour internet

Depuis 30 ans, l’Union Européenne a dépouillé la France de la maîtrise de ses infrastructures avec la complicité des gouvernements : autoroutes, lignes de chemin de fer, réseau électrique… Mais aussi les câbles sous-marin, véritables « autoroutes numériques », qui sont les piliers des télécommunications transatlantiques et de l’internet.

80% du trafic internet français passe en réalité par les USA, via des câbles sous-marins et 99% du trafic international de données chemine par ces câbles. Les conséquences commerciales et privées de la moindre coupure ou restriction peuvent donc être considérables, comme cela est arrivé à l’Algérie en 2017.

On comprend aussi que la maîtrise de ses câbles permet, en cas de conflit ou de tension, d’étouffer un pays et de le faire chanter. Sans compter les problématiques d’espionnage.

Depuis 2015, DEBOUT LA FRANCE a condamné la cession à Nokia, da la société français ASN (Alcatel Submarine Networks) qui a offert notre souveraineté sur un plateau à des puissances étrangères, la Finlande, mais aussi les Etats-Unis car les liens de Nokia avec Microsoft sont très importants.

La Chine l’a bien compris aussi. HUAWEI (l’acteur majeur dans le sujet de la 5G française …) possède une filiale Huawei Marine Networks dédiée à ce domaine avec l’ouverture Pacifique vers l’Océanie et l’Amérique du sud. Le conflit Orient-Occident se résumant uniquement à Chine-USA se cristallise dans le numérique aussi bien dans le sous-marin que dans le satellitaire. 

Les GAFA, que nous retrouvons à chaque coin de rue, sont aussi sous les océans …

Facebook travaille avec Orange et Alcatel-ASN sur 2Africa, un câble américain qui irait vers l’Afrique, le Moyen Orient et l’Europe. Le positionnement français est donc toujours majoritairement celui de la prestation câblière plutôt que celui de la propriété du câble lui-même éventuellement pour le louer comme les GAFA le feront. 

Orange co-investi avec un opérateur chinois dans un câble qui s’appelle "Peace". La France n’aurait-elle bien plus les moyens de faire seule ses actions ?  Comme sur bien d’autres sujets (recherche, énergie, …) est-elle toujours obligée de s’allier avec un homologue européen pour réaliser quelque chose. 

Idem pour "Dunant", le projet Google-Orange. Le français et l’opérateur espagnol Telxius auront, respectivement, deux et une paire de fibre sur les douze du câble "Dunant" appartenant à Google.

Orange est investisseur majeur dans 40 câbles mais avec quelles dépendances ? La France se donne-t-elle les moyens de protéger son opérateur historique ou comme dans d’autres secteurs sera-t-il menacé et lâché en pâture sans réelle résistance sous injonctions extranationales ?

DEBOUT LA FRANCE prône de maîtriser ces sujets de géostratégie et de souveraineté française abandonnés sciemment plutôt que par incompétence de nos politiques au pouvoir depuis plus de 40 ans. Il faut, ici comme ailleurs,  un programme d’ampleur industriel national :

  • - Protéger et consolider ORANGE et ses filiales, toujours héritière de l‘esprit de FRANCE TELECOM, comme acteur 100% français, sans fusion ou accords avec un acteur étranger même membre de l’UE, ce qui serait, pour nous, signe de son affaiblissement.
  • - Assurer la capacité à financer, comme par le passé, des investissements importants à la hauteur de cette volonté d’indépendance et de possession de câbles majeurs.
  • - Engager des actions pour récupérer Alcatel Submarine Network pour qu’il soit de nouveau français.  
  • - Faire en sorte qu’ORANGE toujours ou des acteurs privés français aient des projets de câbles sous-marins détenus à 100% pour éventuelle et souhaitée location à des opérateurs privés français ou étrangers.
  • - Redonner ses lettres de noblesse à 360 degrés au secteur français des télécommunications, en autonomie, vis-à-vis des américains et de l’Asie et en rayonnement dans une réelle approche de recherche et développements (détention de brevets) et d’actions commerciales concurrentielles contre les monopoles constitués.
  • - Se focaliser donc sur le sous-marin et non pas sur l’espace en cours de saturation (projets Starlink d’Elon Musk ou Kuiper d’Amazon). Ceci nécessite aussi une pleine maîtrise des équipements terrestres complémentaires (propriété des antennes et des équipements).

 

Lionel Mazurié
Délégué National au Numérique