Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Mercredi 20 nov 2019

Le plan d’urgence pour l’hôpital n’est qu’un plan de communication !

Suite au mouvement social des personnels hospitaliers largement soutenu par nos concitoyens, le gouvernement a présenté son « plan d’urgence » pour l’hôpital qui n’est pas du tout à la hauteur de la crise de l’hôpital public et des difficultés subies par les personnels soignants.

En réalité, le gouvernement n’a pas le courage politique de prendre les vraies mesures qui s’imposent, à savoir dégager les ressources financières nécessaires au fonctionnement de la santé en France. Il a donc présenté un plan artificiel de communication qui multiplie les petites annonces et l’accumulation d’enveloppes budgétaires dispersées sur plusieurs années.

Tout d’abord, les revalorisations salariales des personnels soignants sont très limitées. Bien sûr, tout geste est bienvenu, mais la prime de 67€ par mois pour les salaires inférieurs à 1900 euros ne correspond pas du tout au surcoût de la vie reconnu par Agnès Buzyn elle-même. La prime « au mérite » de 25€ par mois est dérisoire et discrétionnaire. Enfin, la revalorisation des fins de carrière des aides-soignants consiste, encore une fois de l’aveu même de la ministre, à faire payer par le régime des retraites l’absence d’un juste salaire pendant la vraie carrière.

Au final, la juxtaposition des mesures catégorielles se résume à une prime aléatoire de 30€ par mois en régions et de 67€ en petite couronne.

Les hausses budgétaires annoncées par Edouard Philippe sont tout aussi dérisoires quand on les replace dans la réalité du système de soins français.

La hausse annoncée de 1.5 milliard d’euros consiste à une augmentation de seulement 300 millions en 2020, puis 600 millions en 2021 et 2022. Rappelons que les dépenses de santé (ONDAM) sont budgétées pour 205.3 milliards en 2020. La hausse annoncée est donc de 0.15%, ce qui correspond d’ailleurs à peu près à la hausse annuelle des tarifs des actes hospitaliers annoncée de… 0.2% ! A ce titre, il est dramatique que le gouvernement fasse l’impasse sur la réforme de la tarification à l’acte qui, de l’avis d’une large majorité des professionnels, ne permet d’assurer ni une bonne gestion de l’hôpital ni un parcours de soins optimal.

La reprise partielle de 3.3 milliards annuels sur trois ans de la dette des hôpitaux résume à elle-seule l’absurdité du plan du gouvernement. Alors que les taux d’emprunt de l’Etat français sont négatifs, les hôpitaux eux, souffrent de 30 milliards d’emprunts à des taux bien trop élevés. Autrement dit, reprendre aujourd’hui la dette des hôpitaux ne coûterait pas un centime à l’Etat mais rapporterait au contraire plusieurs centaines de millions d’euros puisqu’au final, hôpital ou Etat, c’est le patient-contribuable qui paie. Pire encore, qui peut savoir le taux d’intérêt auquel la France s’endettera l’année prochaine ou dans trois ans ? En segmentant la reprise de la dette hospitalière sous des prétextes fallacieux de bonne gestion, le gouvernement prend en réalité un énorme risque financier !

Il est vrai qu’en rachetant les emprunts à des taux négatifs, le gouvernement se fâcherait avec les intérêts financiers qui font des marges exorbitantes sur l’hôpital public !

Enfin, aucune mesure n’a été annoncée sur la sécurité des biens et des personnes dans l’hôpital, tout comme les atteintes grandissantes à la laïcité commises par l’islamisme ordinaire.

Même si toute amélioration financière est bonne à prendre, Debout la France ne peut soutenir le plan de communication du gouvernement sur la santé. Nous maintenons que la situation impose d’assumer une hausse de 3% par an des dépenses de santé pour dégager les marges de manœuvre suffisantes et que l’ensemble de la reprise de la dette par l’Etat permettra de dégager plusieurs centaines de millions d’euros pour l’investissement. Enfin, une lutte active contre la fraude, notamment les dépenses liées à l’immigration incontrôlée, permettrait de soulager grandement les finances publiques et la saturation de l’hôpital public. Enfin, nous proposons de sécuriser comme il se doit les hôpitaux pour protéger les personnels soignants de toute violence.

Nicolas Dupont-Aignan
Président de Debout la France
Député de l'Essonne