Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Mercredi 17 juin 2015

L’appel de Nicolas Dupont-Aignan à Jean-Pierre Chevènement

 
Cher Jean-Pierre Chevènement,
 
Une nouvelle fois, vous avez fait honneur à l’engagement politique en mettant vos actes en accord avec vos convictions. Je sais à quel point l’indépendance est difficile dans notre paysage défiguré par les intérêts partisans.
 
Voici 20 ans que vous vous battez pour montrer qu’une autre voie est possible. Vous aviez raison trop tôt. A l’image de Philippe Séguin ou de Philippe de Villiers, vous avez alerté les Français sur l’impasse économique, sociale et donc politique d’une Union européenne hors sol à la fois bureaucratique et mondialiste. Vous saviez que l’affaiblissement de la France comme Nation mettait aussi en péril la cohésion de notre peuple.
 
Le bilan est accablant : chômage de masse qui prive la nouvelle génération d’espérance, misère sociale qui dresse les Français les uns contre les autres, migrations non maîtrisées qui nourrissent le cercle vicieux des communautarismes et des haines.
 
Et pourtant, cette terrible réalité des faits n’ébranle pas les responsables de ce chaos. Pas plus que la sanction répétée des urnes : aucun gouvernement depuis 30 ans n’a été confirmé dans ses fonctions !
 
Pire, tous ceux qui proposent une alternative sérieuse sont excommuniés de cette nouvelle caste des intouchables qui, à tour de rôle, bradent le pays. Les nains de jardin ont tué au sens figuré comme au sens propre le grand Séguin. Quant à vous cher Jean-Pierre, vous voilà contraint de quitter le parti que vous aviez fondé et qui ne comprend plus le sens de votre combat.
 
Mais c’est une chance pour vous et pour la France ! En retrouvant votre totale liberté, nous pouvons construire le rassemblement des patriotes républicains le plus large possible. Il y tant à faire pour la France, les Français et la République. L’enjeu est au-delà de la gauche et de la droite puisqu’il s’agit d’offrir un autre destin à notre pays avant qu’il ne soit trop tard.
 
Nous pouvons redonner espoir au peuple français qui, en 2005, avait largement dit « Non » à la mauvaise construction européenne en lui rendant sa liberté, sa force et sa cohésion. Il faut l’affirmer avec détermination, oui il est possible de construire un projet politique alternatif.
 
La liberté de la France est la condition sine qua non de tout redressement national. Nous ne pouvons plus accepter que notre pays prenne ses ordres à Washington, Bruxelles et Berlin, au point de nuire à ses propres intérêts.  En témoigne le scandaleux refus de François Hollande de livrer les navires Mistral à la Russie et ce faisant, de discréditer la parole de la France.
 
Notre diplomatie ne peut plus être le porte-serviette des Américains qui sèment le chaos, par incompétence ou cynisme. Il est temps de dire haut et fort qu’à force de refuser de choisir entre Daech et la Syrie en prétendant combattre les deux, nous favorisons la destruction d’états souverains, le massacre d’innocents et des chrétiens d’Orient jusqu’à menacer directement, par effet de domino, le Liban.
 
Ensuite, rendre sa force à  la France, en mettant en place une politique économique radicalement différente mais sérieuse, politique menée dans d’autres pays qui réussissent dans la mondialisation.  :
 
-          Favoriser enfin le renouveau industriel, les percées scientifiques et ceux qui inventent, créent et investissent en France ;
 
-          Redonner dignité et efficacité à l’action publique, pour remplacer une bureaucratie envahissante par un vrai service public et renouveler le personnel politique ;
 
-          Mettre en ordre la finance, pour qu’elle serve l’économie réelle et les Français ;
 
-          Refonder une école républicaine qui apprenne à l’élève les savoirs fondamentaux et repose sur l’effort et le mérite ;
 
-          Assurer l’ordre républicain, un ordre juste qui mette à l’écart les sauvageons dont vous parliez déjà lorsque vous étiez Ministre de l’Intérieur,
 
-          Réorienter radicalement l’Union européenne pour maitriser nos frontières, mettre en place des projets concrets et cesser de défigurer la belle Europe ;
 
-          Reconstruire d’un outil militaire et diplomatique au service d’une politique gaullienne indépendante.
 
Libre et forte, la France retrouvera enfin sa cohésion. Nous savons que le déclin et l’abandon favorisent les divisions dont souffrent avant tout les classes populaires et moyennes.
 
Les Français aspirent au changement. Il y a bel et bien, nous le voyons à travers les urnes, une majorité silencieuse dans notre pays qui attend une vraie alternative. Le projet et les valeurs que nous défendons sont partagés par de nombreuses figures, comme Henri Guaino ou Arnaud Montebourg, à l’image de très nombreux députés, sénateurs et élus locaux, qui cachent leur conviction profonde en attendant une initiative salutaire.
 
Les Français souffrent terriblement et leur patience est à bout. Nous avons le devoir de réussir à proposer une autre voie. Les Français ne nous pardonnerons pas une nouvelle occasion manquée, un nouvel échec devant les forces délétères du système et des extrêmes.
 
Nul besoin de se renier pour travailler tous ensemble : ce qui nous rassemble est plus fort ce qui nous divise !
 
Cher Jean Pierre, bravo, merci et à bientôt