Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Vendredi 01 nov 2019

Discours de De Gaulle le 1er novembre 1944

Le 1er novembre 1944 le Général de Gaulle, se rend au Mont Valérien et au fort de Vincennes où il s’incline devant les tombes des Français fusillés par les Allemands. A Vincennes, il prononce ce discours :

« Ces morts, ces humbles morts, ces morts glorieux, c’est la pensée, c’est l’amour de la France qui les animaient tous au moment de leur sacrifice, comme ils les avaient animés à toutes les heures de leur combat. Oui ! Tandis que la torture s’acharnait à réduire leur âme à travers la douleur de leur corps, ils confessaient la France, ils ne confessaient que la France. Et, à l’instant même où la rafale des fusils de l’ennemi se déchaînait pour les abattre, ils criaient : ‘Vive la France !’ Ils ne criaient que cela.

Ces morts, ces martyrs, ces soldats, la terre maternelle enveloppe désormais leur repos. Mais nous tous, fils et filles de la patrie, frères et sœurs de ceux qui sont tombés pour elle, aussi bien sous le soleil des champs de bataille que dans la brume glacée des matins d’exécution, nous avons à remplir les devoirs qu’ils nous ont dictés.

Nous avons à vaincre implacablement l’implacable ennemi qu’ils ont combattu. Nous avons à nous rassembler pour le seul service de la France, comme eux-mêmes furent assemblés pour mourir en son seul honneur. Nous avons à bâtir, jour par jour, tous ensemble, cette France forte et pure qu’ils ont, tous ensemble, appelée par leur abnégation.

Mais aussi, voyant les causes profondes qui nous forcent si souvent, et depuis si longtemps, à ouvrir sans relâche des tombes à nos enfants, nous devons regarder en face, pour la changer à tout prix, cette destination d’invasion de la France qui, sans cesse plonge notre race dans les larmes et les ruines, fauche notre jeunesse dès sa fleur, détruit à mesure ce que nous construisons, jette périodiquement notre peuple dans l’angoisse où il s’épuise et se divise au lieu de croître et de s’unir. Après avoir triomphé, nous devrons, oui ! nous devrons nous donner les bonnes frontières, le grand nombre et les vrais amis qu’il nous faut pour que l’abîme ne s’ouvre plus constamment sous nos pas.

Morts massacrés pour la France ! Vous êtes notre deuil et notre orgueil, comme tous nos soldats qui sont tombés ou qui tomberont encore jusqu’au dernier soir de la dernière bataille. Mais vous êtes aussi notre lumière, pour nous éclairer tout au long de la route qui mène à notre nouvelle grandeur. »