Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Lundi 12 fév 2018

Tanguy pour la vie ? Non merci !

Ce qui était auparavant l’exception deviendra-t-il demain la règle ? C’est ce que révèle une enquête de l’INSEE sur des chiffres de 2013. Les jeunes restent vivre de plus en plus longtemps au domicile familial. Ils représentent ainsi plus de 46% des 18-29 ans. C’est chez les 25-29 que l’on note une progression de 7 points par rapport à 1973. Les jeunes restent donc chez leurs parents, mais plus longtemps encore.

Ainsi, la crise économique persistante appauvrit non seulement les jeunes générations et leurs parents, mais finit par changer jusqu’à nos us et coutumes, notre mode de vie et nos traditions familiales alliant la solidarité familiale et l’autonomie des individus. Il n’est pas tolérable que les nouvelles générations vivent moins bien que leurs ainés alors que ces derniers font tous les sacrifices nécessaires. C’est bel et bien l’échec des politiques menées par les gouvernements successifs qui explique cette inversion des valeurs et des destins que nous ne pouvons tolérer

Révélateur du déclin économique Français (et européen), le départ du domicile parental et la stabilité financière sont fortement corrélés. Les chiffres montrent qu’un taux de chômage important augmente significativement le nombre de situations de dépendance familiale. L’accès à l’emploi stable (CDI) est donc le préalable essentiel de la prise d’autonomie.

En effet 74% des personnes revenant vivre chez leurs parents souhaiteraient quitter le logement familial s’ils disposaient de la capacité financière de le faire. La conjoncture économique et l’insertion professionnelle difficile obligent les parents à soutenir financièrement le jeune lors de ses études supérieures, mais désormais aussi lors de son insertion professionnelle en soutenant sa recherche d’emploi.

Dans la plupart des cas, c’est la situation professionnelle qui motive ou non la prise de logement indépendant. 2.5% des intérimaires vivent dans un logement indépendant alors qu’ils sont 6.5% à vivre chez leurs parents.  Moins la situation est précaire, plus il est facile de franchir le pas de l’installation autonome.

Parmi les jeunes de moins de 30 ans vivants chez leurs parents, ils étaient 38% dans l’emploi en 1973, le schéma de l’enfant travaillant dans l’entreprise familiale ou à proximité du lieu de vie permet d’expliquer ce chiffre. Ils ne sont aujourd’hui que 28% soit 10 points de moins qu’en 2013. C’est une évolution culturelle majeure.

La situation est donc subie des deux côtés. A la fois par les enfants qui souhaiteraient prendre leur indépendance mais également par leurs parents devant assurer plus longuement la survie financière de leurs enfants. Eux qui aspirent après « leur devoir accompli » à profiter du bel-âge, de la stabilité d’une fin de carrière ou du temps libre d’une retraite méritée et en bonne santé.

Pire encore, la crise de la confiance se fait ressentir car plus de 90% de ces jeunes ne comptent pas quitter le domicile familial dans les 6 mois suivant cette enquête et ne sont donc pas optimistes sur l’avenir.
Au contraire, 90% des jeunes n’ayant jamais connu l’autonomie d'une vie étudiante en dehors du logement familial n'envisagent pas de quitter le cocon dans les 6 mois. Plus encore, 60 % d’entre eux ne comptent pas partir de chez leurs parents même s’ils disposaient de l'autonomie financière. L’immobilisme de la génération Y, la perte du goût de l’effort et une société non méritocratique n’engagent pas le jeune à devenir actif, à se créer des projets et à se projeter dans l’avenir.

L’incompréhension demeure entre ces générations. Nos aînés ayant connu l’apogée économique du pays continuent eux de penser que les schémas familiaux se reproduisent. Avoir un jeune à la maison peut devenir conflictuel, impactant la quiétude sociale de chacun.

Aussi, l’accès généralisé et quasi obligatoire aux études supérieures, qui dans l’imaginaire collectif est la garantie d’une vie professionnelle florissante, repousse incontestablement l’âge de l’entrée dans la vie active et donc l’accès au logement autonome. Pour la plupart le domicile familial reste le premier des logements.

La situation amoureuse ou conjugale joue aussi un grand rôle. En 1973, 80% des 18/25 ans qui habitaient dans un logement indépendant vivaient en couple. Aujourd’hui ils ne sont plus que 46%. L'accès au logement se fait donc aujourd’hui seul, le poids financier du « foyer » se trouve donc plus lourd à assumer pour une personne isolée. Celle-ci nécessite de meilleures garanties avant de vouloir se lancer, d’autant que les accidents de la vie sont d’autant plus sanctionables que le contexte économique est rude.

L’augmentation des divorces et donc du nombre de familles monoparentales induisant de nouveaux modes de vies créant la nécessité de nouvelles solidarités familiales. Les cas sont nombreux de jeunes adultes entrés dans la vie active restant vivre chez leurs parents pour les soutenir financièrement. Aussi l’enfant en tant qu’aidant familial, soutien financier ou social -dû à l’état de santé des parents- représente de nouvelles configurations familiales qui réapparaissent devant le désengagement de l’Etat, qu’il s’agisse de la baisse du pouvoir d’achat, le matraquage fiscal ou les déremboursements de soins médicaux. Une partie de ces jeunes choisissent de retourner au domicile afin de soutenir le parent en perte d’autonomie.

Finalement, c’est la confiance en l’avenir et la solidité financière qui permet au jeune de se lancer dans une vie indépendante. Le coût que représente la dépendance des enfants présente des difficultés pour les parents. Quoi qu’il en soit, le chômage structurel et la situation financière précaire de plus en plus de Français imposent de nouvelles solidarités. Une société de cohabitation et de collocation se dessine à l’horizon afin de prévenir les accidents de la vie qui deviennent plus que jamais handicapants.

Nous ne pouvons tolérer que notre société condamne la jeunesse à la cohabitation non désirée, à une collocation à 40 ans et du crédit sur 40 ans garanti par 3 générations !

C’est ce en quoi, nous devons agir contre le chômage de masse la précarité qui altèrent nos modes de vie et brident l’épanouissement de tout à chacun. Offrir aux générations un avenir pérenne fondé sur la justice fiscale et une économie revitalisée par le produire en France, deux perspectives permises par le projet porté par Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France.

 
Julie Kohlenberg
Déléguée Nationale à la Génération de la Reconquête