Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Mardi 27 oct 2015

Les malveillants

Le journal en ligne de la métropole marseillaise Gomet nous apprend que les enquêteurs travaillant sur les explosions qui ont eu lieu le 14 juillet dernier sur le site de l'usine pétrochimique LyondellBasell de Berre-L'Etang, dans les Bouches-du-Rhône, privilégient désormais la piste de "l'acte de malveillance" plutôt que "l'acte de terrorisme".

L’enquête n'a pas avancé, mais on nous informe que l’acte commis le 14 juilet contre l’usine pétrochimique de Berre-L’Etang serait plutôt un "acte de malveillance", car les bombes étaient "artisanales" et servaient « d’avertissement », alors qu’avec des terroristes, ce serait forcément « toute l’usine qui serait partie en fumée ».

Cette argumentation ne tient bien sûr pas la route. En effet, les différents attentats commis en France depuis janvier 2015 ont clairement montré des degrés variés de "professionnalisme" des terroristes impliqués.

Entre les frères Kouachi et A. Coulibaly d'un côté, qui ont tué une vingtaine de personnes sur plusieurs jours, mobilisant toutes les polices de France, et l'étudiant qui a tué une automobiliste en voulant voler sa voiture et qui s'est blessé avec sa propre arme, ce qui l'a obligé à se rendre, alors qu'il prévoyait des attentats contre plusieurs églises, on voit bien un écart important de professionnalisme. En outre, une bombe « artisanale » peut bien servir à commettre un « acte de terrorisme » (souvenons-nous des attentats de Paris en 1995).

Et qu'en est-il alors du terroriste de l'Isère qui a décapité son patron avant d'essayer de faire sauter une usine en lançant sa voiture contre des substances susceptibles, selon lui, d'exploser ? Sa manière de vouloir faire exploser l'usine (et qui a fort heureusement échoué) était-elle "artisanale" ou suffisamment professionnelle pour être qualifiée de "terroriste" ?

Alors admettons un instant que ce qui s’est passé à Berre-L’Etang serait un "acte de malveillance", (expression de pure communication, car un acte terroriste est bien un acte de malveillance et l'inverse peut être vrai aussi).

Quel serait, dans ce cas, le sens de cet « acte de malveillance » ? Prouver qu'il est possible d'accéder au site pétrochimique et faire exploser des "bombinettes de fabrication artisanale" (termes de l’article) ? Pour obtenir quoi ? Pour suggérer que la fois d'après, ce serait de vraies bombes, mais qu'on ne souhaitait pas le faire tout de suite ? Cela ne semble pas avoir de sens.

Savons-nous ensuite quels en seraient les motifs ? L’article mentionne un différend éventuel avec l'entreprise, voire l’acte d’un « concurrent ». A-t-on déjà vu des différends se régler de la sorte ? Faire brûler ou exploser un site pétrochimique ? Cela se fait en temps de guerre.

Le différend, c'est d'ailleurs l'argument avancé par le terroriste de l'Isère, qui a prétexté s’être disputé avec son employeur pour justifier qu'il l'ait décapité avant d'essayer de faire exploser une usine. Ce serait alors, selon la logique des enquêteurs en charge de l’affaire LyondellBasell, là aussi un "acte de malveillance" plutôt qu'un "acte de terrorisme" ?

Résumons. Plus de trois mois après les explosions à l’usine pétrochimique LyondellBasell de Berre-L’Etang, nous ne savons toujours pas qui a commis cet acte criminel. Il n’y a, en outre, toujours pas de revendication.

Nous savons en revanche que des explosifs et détonateurs ont été volés quelques jours plus tôt, le 7 juillet 2015, à Miramas dans une base militaire, à une vingtaine de kilomètres de là. Dans cette affaire encore, l'enquête n'a pas avancé. Les voleurs n’ont pas été identifiés, ni, a fortiori, retrouvés.

A ce jour, aucun lien n'a d’ailleurs été établi entre les deux actes : le vol d’explosifs à Miramas le 7 juillet et les explosions de Berre-L’Etang le 14 juillet.

Les Français sont donc priés de croire ou obligés de se résigner au fait que, dix mois après les attentats de Charie Hebdo, et malgré l’adoption des lois les plus liberticides du projet de loi sur le renseignement, l’Etat n’est pas capable de retrouver des personnes "malveillantes", qui cambriolent une base militaire, ni de retrouver d’autres personnes, qui font exploser des bombes dans une usine pétrochimique, le tout à vingt kilomètres de distance.

Autre piste à explorer, par les policiers et les journalistes, pour faire avancer l'enquête : celle d'un honnête père de famille qui souhaitait offrir un feu d'artifices, pour le 14 juillet, à tous les habitants de l'Etang de Berre.