Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Jeudi 11 jan 2018

Laxisme institutionnalisé

Champigny-sur-Marne, Aulnay-sous-Bois, Notre-Dame des Landes ?

Combien de temps encore allons-nous devoir supporter la violence quotidienne des zones de non-droit ? Quand je dis ‘nous’, ce n’est pas à nous qui habitons dans des quartiers pour l’instant encore paisibles que je pense, mais à ceux qui vivent au cœur des jungles urbaines, aux forces de police et de gendarmerie, aux pompiers, aux personnels de santé, aux policiers municipaux et aux surveillants pénitentiaires qui tous reçoivent dans leur corps et dans leur esprit des blessures bien réelles. Cela suffit !

Ah, certes Messieurs Macron et Collomb ont eu des “mots très durs” pour qualifier, dénoncer et promettre – encore des promesses – une réaction « d’une extrême sévérité » de la part de l’État. Mais quelle réaction ces gouvernants qui ont peur de leur propre ombre, de l’amalgame, pourraient-ils avoir ?

Face à la violence, l’idéologie propose le dialogue, la punition mesurée et pédagogique, l’éducation préventive. Pourquoi pas des cours de zumba et des ateliers de déconstruction des stéréotypes tant qu’on y est ?!

La seule “éducation” qui vaille dans l’école de la République est l’éducation civique. Le reste de l’éducation des jeunes doit être assuré par les familles elles-mêmes et il faudra un jour ou l’autre que des sanctions financières, là où ça fait mal, soient prises contre celles qui n’assument pas leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants mineurs dont elles sont responsables.

Pour les majeurs qui expriment par la violence leur haine de la France et de ses représentants, avant d’avoir une réponse “pédagogique”, il faut d’abord stopper, au besoin par la force, toute agression. Il faut aussi cesser cette culture de l’excuse – qui n’est là que pour masquer notre faiblesse – et reconnaître aux forces de l’ordre, précisément, leur légitimité à user de la force pour rétablir l’ordre.

Il n’était pas question que la France soit le “far-west” de l’Europe, c’est pour quoi notre société a consenti à désarmer ses citoyens pour confier les armes et leur emploi aux représentants assermentés de l’État. Mais alors il nous faut être cohérents et les autoriser à faire usage de celles-ci dans le cadre d’une “présomption de légitime usage”. Et qu’on ne nous fasse pas le faux-procès d’être des va-t-en-guerre car si guerre il y a, ce n’est pas nous qui l’avons déclarée.

Quant à l’idéologie gauchiste et anarchiste qui promeut la haine des “flics” – les bâtards de M. Kassovitz – au nom des libertés publiques, elle oublie volontiers que la première des libertés est la sécurité. Oublie ? Même pas car on n’oublie que ce que l’on sait et leur idéologie sectaire ne veut connaître que le collectivisme et le communautarisme, les meilleurs moyens de retourner à la sauvagerie de la loi du plus fort.

Mais une fois effectué ce travail des forces de l’ordre, d’arrêt de la violence, d’enquête et d’arrestation des auteurs, se pose le problème de la réponse judiciaire. Et là de nouveau ressurgit l’idéologie mortifère de la culture de l’excuse. On se préoccupe plus du sort des criminels et délinquants que de celui de leurs victimes. A cet égard l’affaire des téléphones en prison est consternante. Elle montre que même au sommet de l’État on a perdu de vue l’utilité de la prison : d’abord mettre à l’écart des citoyens ordinaires ceux qui n’ont pas respecté les règles communes. Les punir – houlà le vilain mot ! – pour leurs actes et après seulement donner à ceux qui le méritent les moyens d’un retour dans la communauté nationale.

Il faudrait ainsi rappeler aux juges de la République qu’ils sont là pour rendre la justice “au nom du peuple Français”, pas en fonction de leurs options personnelles ou de leur appartenance syndicale ou partisane.

Il est à mon avis urgent de se poser la question de l’indépendance de la Justice, c’est-à-dire, dans mon esprit, de l’indépendance des juges à l’égard des syndicats politisés et idéologues. A titre personnel, je suis favorable à ce propos à un alignement des juges sur les militaires qui leur ôte la possibilité d’appartenir à un syndicat puisque celui-ci sera forcément orienté dans un sens ou un autre. L’affaire du “mur des cons” est là pour démontrer, si besoin est, qu’un justiciable quelconque ne peut espérer bénéficier de l’équilibre des plateaux de la Justice s’il est déjà épinglé sur un invraisemblable tableau de la haine.

Il est tout aussi inadmissible que des peines de prison ferme, lorsqu’elles sont finalement prononcées, ne puissent être exécutées faute de place. Nous avions proposé la construction de 40.000 places supplémentaires. Mais ce chiffre déjà insuffisant ne prend pas en compte la réhabilitation absolument nécessaire des 55.000 places actuellement en sur-occupation. Ce sont donc au final de 100.000 à 110.000 places de prison qu’il faut construire ou rénover si notre pays veut réellement se donner les moyens de faire appliquer les lois qu’il vote.

Les représentants de l’État, policiers, gendarmes, surveillants pénitentiaires, pompiers ne sont pas là pour servir de défouloirs ou d’assistantes sociales. Si nous voulons pouvoir rétablir le Droit dans les zones qui lui échappent et faire en sorte que la peur change de camp, il est urgent que collectivement, par le vote, par notre engagement et par le contrôle strict en la matière de l’action gouvernementale, un changement des mentalités intervienne pour enfin comprendre qu’il en va de la survie à court terme de notre société.

 

Patrick Mignon

Vice-président de Debout La France