Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Mardi 30 oct 2018

La litanie des incapables

Violences à l'école - Phénomènes de bandes.

Face aux événements récents de violences à l'égard des enseignants et de rixes entre bandes, notre tout nouveau Ministre de l'Intérieur a pu faire la démonstration de sa compétence et de ses capacités décisionnelles hors du commun.

Les professeurs se font « braquer » dans leur classe, des adolescents meurent en pleine rue, mais on ne peut être qu'admiratif de la pertinence de ses propositions : un « comité stratégique » va insuffler aux forces de l'ordre les orientations opérationnelles nécessaires grâce à une

« cartographie des bandes », l'instauration d'un référent dans chaque commissariat, et, pourquoi pas, la présence de policiers dans les établissements scolaires....

A l'aune de ce dispositif totalement révolutionnaire et d'une efficacité redoutable nous allons « reconquérir les territoires perdus de la République cage d'escalier par cage d'escalier » (Sic!)....

 

Se moquer ainsi des Français est plus que pathétique, c'est désespérant !

Ces « apprentis politiques » qui n'ont fait que convoiter les « ors ministériels » sans autre motivation que leur ambition personnelle, se retrouvent confronter à la réalité et sont dans l'incapacité d'en prendre la mesure.

S'il est bien un domaine que je maîtrise parfaitement, c'est bien celui des phénomènes de bandes. J'ai été pendant plusieurs années, en ma qualité de Commissaire Divisionnaire à la Préfecture de Police, « le référent bandes » de l'ensemble de l'agglomération parisienne.

A ce titre j'avais mis en place, dès 2010, « une cellule opérationnelle » dotée de plusieurs unités uniquement dédiées à la lutte contre les bandes. Un « plan bandes préfectoral » pour Paris et les trois départements de la couronne avait été institué, mutualisant l'ensemble des services de Police, tant de la Sécurité Publique que de la Police Judiciaire et des Renseignements Généraux et j'en étais l'ordonnateur.                

  Nous avions mis en place un « référent bandes » et un « référent Éducation Nationale » dans chaque commissariat et chaque mois une évaluation de toutes les actions entreprises était faite réunissant l'ensemble des forces de Police. Une cartographie des bandes était bien sur tenue à jour en permanence, ainsi que le recensement de toutes les actions violentes concertées.

Les chiffres, déjà à l'époque étaient déconcertants...

Près d'une centaine de bandes identifiées, plus de 600 rixes violentes comptabilisées annuellement.

 Pour « parfaire le dispositif » et l'appliquer à l'ensemble du territoire national, une réunion mensuelle était organisée par le Directeur de Cabinet du Ministre de l'Intérieur en personne, conviant tous les Directeurs Généraux de la Police et de la Gendarmerie, ainsi que tous les Directeurs Centraux Institutionnels et la Préfecture de Police.

En clair, ce que le ministre appelle aujourd'hui : « un comité stratégique » existait déjà...il y a près de dix ans !!

A ces réunions où l'on évaluait l'activité, j'étais le seul à être un « besogneux technicien », conscient de l'inéluctable dérive sociétale, au milieu d'un parterre de hauts fonctionnaires, « véritables magiciens de la mystification statistique » !!!

Je m'ingéniais à alerter sur les dérives sociopathes, anomiques, d'une population sans cesse grandissante, sur le naufrage des cités, l'errance des quartiers ! Mes mises en garde étaient vaines, inaudibles même, car ces problèmes n'étaient pas du ressort de la seule

Police mais relevaient de décisions politiques fermes, lucides, anticipant le « Destin de la Nation ».

La réhabilitation de la sanction systématique, la socialisation disciplinée autour des exclusives valeurs républicaines et laïques fondamentales, univoques, et sa déclinaison étatique sans faille, pouvaient seules permettre de « redresser » cette « titanisation » programmée de la société. Pas la dispersion policière !!

Mais rien n'a été fait, hormis des « gesticulations de façade » qui ont permis à quelques hauts fonctionnaires de justifier....leur incompétence, surfant comme toujours sur le conjoncturel pour parfaire leur déroulé de carrière.

Je ne suis d'ailleurs pas surpris que, près de 10 ans plus tard, on exhume, quasiment au mot près, les mêmes recettes de manipulation médiatique. Les générations d'opportunistes se succèdent se montrant cependant beaucoup moins inventives, ne faisant que dupliquer des fonds de tiroir...

Notre Ministre de l'Intérieur est tombé dans le piège à pieds joints, démontrant non pas de l'inexpérience, ce qui déjà est critiquable, mais de l'incapacité, ce qui est impardonnable !

La « ficelle » commence cependant à montrer ses limites...

Ce qui me surprend par contre, c'est que tous ces journalistes d'investigation si prompts à « débusquer les petites phrases politiquement incorrects», si prompts à « railler » tous ceux qui tentent de s'affranchir « de la pensée unique », ne relèvent pas l'énormité de la redondance de cette ficelle ministérielle. 

Ils ne disposent donc d'aucune archive ?

 

Dans ce cas je me tiens à leur disposition... 

                                

                                    

Maurice SIGNOLET

Commissaire Divisionnaire Honoraire

Délégué National à la Sécurité