Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Jeudi 25 avr 2019

Fraternité pour nos forces de l’ordre

Vingt-huit policiers se sont suicidés en quatre mois, une tragédie qui exprime la désespérance qui frappe de plus en plus de Français face un gouvernement sourd aux souffrances de notre peuple. 

Avec un taux de suicides supérieur de 36% de la population générale, l'Institution Policière rejoint la cohorte du mal être de ces populations en souffrance que sont les agriculteurs, les artisans, les marins pêcheurs, les ruraux, les ouvriers, toute cette « France périphérique » broyée méticuleusement par la pire des inhumanités.

 

Cet envahissement économico-philosophique du court terme, au service de l’argent roi, qui transforme les hommes en données mathématiques, en éléments comptables, nie ce qui est le fondement même de leur être : l'émotion.

Pour avoir été 40 ans l'un des leurs, je sais ce que vivent les policiers. La violence, le mensonge, la mort, les blessures du corps et de l'âme, la duplicité, la rouerie, la désespérance sociale, ponctuent jour après jour, heure après heure, leur quotidien. Véritables curseurs d'appréciation sociétale, ils engrangent, accumulent, intègrent la déliquescence de l'émotion,  cette capacité à ressentir l'impalpable, à concevoir l'éthéré qui se caractérise par le souci de l'autre.     

Aucune mesure catégorielle, salariale, ne pourra compenser cet envahissement délégataire qui peut conduire aux pires extrémités, comme aucune aumône condescendante ne pourra endiguer la souffrance d'un peuple. Car c'est bien le fruit d'une même désespérance qui font se rejoindre, dans la rue, des antagonismes artificiels voulus par un pouvoir compensant son incapacité visionnaire par le machiavélisme.

Les policiers chancellent sur leurs convictions de servir tant la sociopathie endogène de ces dernières décennies, qui met en miroir le bien et le mal, qui met à équidistance la victime et le criminel, a détruit les fondements mêmes de la société qu'ils sont sensés défendre jusqu'au péril de leurs vies. Lorsque l'Institution n'est plus protectrice, lorsque les désenchantements affectifs se mêlent à l'épuisement du quotidien, l'issue du « partir » peut être inéluctable. L'émotion est alors ce qui détermine votre capacité à la dignité, cette alternative d'être ou de ne pas être. A ce titre, policiers, gendarmes, mais aussi enseignants, personnels hospitaliers, toutes les professions qui touchent à l'humain sont dévastés par ces adieux du désespoir.   

Et pourtant !

L'émotion est la seule voie qui puisse mener à la conjugaison ultime de l'être et du destin : La Fraternité.                      

Il faut être aveugle et sourd pour ne pas voir dans tous ces signes, fussent-ils les plus désordonnés, les plus excessifs pour les uns, les plus désespérés pour les autres, une vague profonde, irréversible, une déferlante d'émotion qui ne réclame rien d'autre que la fraternité. 

1789 a été une révolution égalitaire, mai 68 une révolte libertaire. Si on peut se permettre un certain aphorisme, le vrai mouvement originel et pacifique des « gilets jaunes » se veut «  fraternitaire ». Le « vieux monde » navigue sur un Titanic en perdition qui va se briser sur l'écueil de cette fraternité émergente. 

Les policiers, aussi contradictoire que cela puisse paraître, sans même sans rendre compte, par leur dualité d'implication de régulateur mais aussi de curseur d'appréciation sociétaux en sont les artisans.... au même titre que « les vrais gilets jaunes ». Leur commune désespérance est leur titre de noblesse.                                 

Cette ambiguïté fraternelle n'en est pas moins l'expression d'une fraternité, mais il faut être visionnaire pour le comprendre, c'est à dire déceler ce que les autres ne voient pas et qui pourtant existe !

 En cela, Macron et ceux qui l'entourent sont des nains !

 

 

Maurice SIGNOLET

Commissaire Divisionnaire Honoraire

Délégué national à la Sécurité