Le Rassemblement Gaulliste - ni système ni extrêmes

Mardi 06 nov 2018

Brexit : Quand le pays de Thatcher met fin à l'austérité

  La menace ne fait plus peur : personne ne croit plus au fameux cataclysme financier qui devait s’abattre sur le Royaume-Uni suite au vote du Brexit.

Depuis, nous vivons avec nos amis britanniques une pièce à 4 actes. Le premier acte était la campagne du Brexit elle-même et les menaces, les invectives des Juncker, des Draghi, des Lagarde et des Obama considérant que le Brexit allait ruiner la Grande -Bretagne.  Le peuple britannique, cette ancienne, fière et souveraine nation, eut l'audace de défier tous les eurobéats. Le Brexit fut donc voté, la tempête financière dura à peine quelques heures, la Livre dévissant pour remonter aussitôt/ La bourse de Londres, quant à elle, se porte bien.

Puis, il y eu l'acte II, celui de la reprise en main de l'économie par le nouveau gouvernement de Theresa May qui a dû faire face aux attaques de partisans d'une absence d’accord, un "No deal" : les négociateurs de l'Union Européenne, l'opposition de gauche travailliste, les pressions internationales, a su organiser un redressement économique et industriel qui ferait pâlir les 30 dernières années de gouvernements français. Afin d'assurer cette croissance, elle a rompu la ligne qui dominait depuis Margaret Thatcher. Tout en restant sur la ligne libérale, baissant les impôts sur les sociétés, elle est intervenue dans l'économie en soutenant le développement de secteurs clefs: la recherche, l'acier, la construction navale militaire, la médecine et l'aérospatial. L'acte II du Brexit a donc abouti à une insolente bonne santé du Royaume-Uni: chômage au plus bas depuis 1972, baisse du nombre de contrats précaires dit "Zéro heure", un reflux du nombre d'enfants sous le seuil de pauvreté et une hausse des salaires.

Et voilà que la semaine dernière, le Chancelier de l'Echiquier, le ministre des finances Philip Hammond, a ouvert l'acte III en annonçant, lors de la présentation du budget 2019, la fin de l'austérité.

Affichant un déficit 2018 à 25,5 milliards de Livres sterling au lieu de 37,1 mds de prévision en mars dernier, Philip Hammond a pu redéployer les économies réalisées vers un budget très social: Déblocage de 20 milliards sur les 5 prochaines années pour redresser le système de santé, baisse de l'impôt sur le revenu de 37 millions de personnes, hausse du principal montant du SMIC de 4,9%, investissement massif dans les infrastructures et les PME. De plus, la politique de réduction de l'immigration a abouti à un affaiblissement de la concurrence salariale et donc à des hausses de salaire pour tous les Britanniques.

Hammond se permet même le luxe d'annoncer la mise en place d'une taxe sur les bénéfices des GAFA alors que l'Union Européenne se retrouve incapable de la mettre en place. Preuve s’il en était besoin qu’un pays que le Royaume-Uni peut très bien agir seul quand les technocrates et les lobbyes de Bruxelles ne le censure pas !

Dans le même temps, la situation sur les négociations sur le Brexit se retournent. Après un échec relatif des négociations portant sur 5% de l'accord final, s'échouant sur l'inextricable question de l'Irlande du Nord, Theresa May a admis la possibilité d'un No Deal. Philip Hammond s'est donc empressé de rappeler à la Commission qu’en cas de No Deal, le Royaume-Uni ne serait ni tenu de payer ses cotisations en 2019, 2020 et 2021 comme il s'y est engagée, ni même de payer la facture de 60 milliards de Livres. Une perspective qui n'a pas manqué de provoquer des sueurs froides au sein de la Commission qui annonce désormais un accord pour le 21 novembre.

Il ne reste donc plus qu’Emmanuel Macron et quelques fanatiques antidémocrates pour vouloir punir le Royaume-Uni d’avoir voté librement et à bon droit.

La réussite économique du Royaume-Uni est liée au volontarisme et à la vision stratégique de Theresa May, d'un gouvernement compétent et investi. C’est surtout le succès de dirigeants qui écoutent et respectent leur peuple !

Cette réussite a été portée par la Banque d'Angleterre qui a accompagné le gouvernement pour amortir les chocs économiques et monétaires liés aux négociations du Brexit tandis que la Banque Centrale Européenne continue à étouffer les entrepreneurs et les travailleurs de la zone euro.

L'essentiel du patronat britannique, patriote, a suivi le gouvernement et n'a pas fui le Royaume-Uni. Des entreprises phares comme Aston Martin sont revenues sur leur décision de délocaliser des emplois ; des chefs d'entreprise comme le brexiter James Dyson et son entreprise d'électroménagers confirment chaque jour leur statut de champions mondiaux de l'innovation, accélérant leurs ventes et leurs prises de part de marchés dans le monde.

Le Brexit n'est pas un mot magique applicable partout, y compris en France car l’intégration européenne et l’histoire de nos deux pays ne sont pas les mêmes. Néanmoins il prouve la facilité dont dispose un vrai gouvernement à organiser le rapatriement des pouvoirs délégués à Bruxelles. C'est un acte négocié dans le cadre d'un rapport de force important.

Aujourd'hui, en France, ceux qui font campagne pour le "Frexit" brutal sans laisser sa chance à la renégociation préalable et radical des traités européens font la même erreur que Boris Johnson et certains brexiters. Ils se concentrent sur les raisons de quitter sur l'Union Européenne sans présenter de stratégie politique, diplomatique et économique pour organiser cette sortie.

Theresa May et les Britanniques ont toutefois démontré que la volonté politique, alliance du peuple et de ses dirigeants légitimes, pouvaient obtenir ce qui leur revient de droit : la liberté d’être maître chez oi et d’avoir de bons rapports avec ses partenaires !

 

Jean-Philippe Tanguy,

Délégué National de Debout La France

Alexandre Fernique,

Secrétaire Général de Debout Les Jeunes